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Vol Montagne et météo

Par • 28 oct, 2012 • Catégorie: Vol montagne • Commentaires: Aucun commentaire»

Le Mont Blanc Vu de MayèresComme vous avez pu le comprendre avec mes deux premiers articles (L’altiport de Corlier et le plaisir du vol en montagneVoler au dessus des chamois … mais en toute sécurité !), le vol en montagne est une discipline qui s’acquiert avec de l’entrainement, de l’expérience.

Chacun selon ses aspirations, ses goûts, ses compétences pourra pratiquer le vol en montagne : circuits de différents altiports en été puis en hiver, promenades avec escales, pratique sur neige avec des posés sur des glaciers « simples et vastes », recherche de précision sur des glaciers courts et à forte pente etc… Mais avant tout, il faut que le pilote soit conscient de ses limites et ne « force pas ses talents ». Ainsi, lorsque le pilote veut se poser sur un altiport ou une altisurface, il doit recenser certains éléments essentiels tels que le profil, la pente, le dévers, les axes d’atterrissages et de décollage, longueur, vent, état de surface etc… L’expérience prouve que le pilote entrainé peut Brume de valléeséventuellement faire l’impasse sur un élément non majeur. S’il y a 2 impasses, c’est déjà trop risqué et le pilote qui connaît bien les lieux, les vents habituels et son appareil …Peut parfois être amené à franchir la limite qu’il s’est fixé !  Si j’ai un doute sur un élément, je refais un passage, j’étudie à nouveau avant de prendre la décision «  d’y aller ou non » mais si j’ai décidé de me poser, c’est que tous mes indicateurs sont « au vert ». Chaque fois que j’ai pris la décision « d’y aller » avec un témoin orange…j’ai regretté car cela aurait pu se terminer avec de la casse machine ! Un ennemi sournois du pilote montagne c’est la « sur-confiance ». Méfiez vous, si vous avez trop confiance en vous, posez vous des questions !

Mais revenons au titre de notre sujet du jour : montagne et météo.

Dent du GéantLes prévisions météorologiques ont considérablement évolué ces dernières années en particulier avec les sites Internet. Le beau temps au départ ne signifie pas que le temps sera favorable sur tout le parcours : un vent défavorable avec par la suite une panne de carburant ou une arrivée à la tombée de la nuit, des brouillards et/ou des nuages bas en toute saison et à toute heure, des cumulonimbus (cunimb en langage de terrain !) surtout en saison chaude pouvant être accompagné d’orages, de rafales de vent etc…

Prenons un exemple tout simple : Vous avez décidé d’aller vous balader dans le Massif du Mont Blanc ; superbe destination et belles photos garanties. Or, ce massif a ses propres caractéristiques. Il est évident que l’on va retrouver quelques similitudes avec d’autres massifs (Massif de Belledonne par ex.) et les montagnards du secteur connaissent bien ses phénomènes atmosphériques.

Si l’on se souvient que le « temps » se fabrique généralement, surtout en saison froide, dans les cinq premiers mille Finale de l'Alpe d'Huezmètres (5000 m.) au-dessus du sol, on comprend l’influence que peut avoir un massif montagneux aussi important qui peut faire barrage à l’écoulement normal de toute cette tranche d’atmosphère. Ainsi les perturbations, qui après avoir traversé des régions plates…peuvent avoir quelques difficultés à franchir les Alpes et rester accrochées aux massifs montagneux. Le Mont Blanc est battu de tous les vents, qu’ils viennent de l’Océan, de la Méditerranée ou qu’ils soient refroidis par les plaines orientales de l’Europe, ou encore réchauffées sur les sables du Sahara (souvenez-vous des pluies colorées de sable relativement fréquentes…).

De Chamonix à Combloux, les montagnards locaux affirment que : « Mont Blanc ne peut que si Verte ne veut ». En clair, cela signifie que si le Mont Blanc est seul « encapuchonné », le signe n’est pas alarmant, mais si le sommet de l’Aiguille Massif du Mont BlancVerte disparaît à son tour dans les nuages, l’alerte devient sérieuse et l’aggravation rapide. Ce n’est pas d’une précision scientifique, mais assez éprouvée pour être prise en considération.

En fait, en observant bien, le massif du Mt Blanc est révélateur, autre exemple : Une sorte de lentille nuageuse aux contours effilés au dessus du sommet et qui semble immobile est pourtant associée à des vents forts ! En réalité, le nuage se forme en permanence sur le bord amont pour s’évaporer simultanément sur le bord aval. L’immobilité est une illusion, le phénomène est fixe mais le nuage n’est jamais le même !

Autre phénomène rencontré en vol montagne en hiver : Les crêtes qui « fument ». Un léger panache de neige visible sur la crête signifie un vent non négligeable ! A prendre en compte par le pilote.

Ces exemples bien connus (et décrits dans des livres comme « les 4 vents du Mont Blanc ») inciteront peut-être certains Massif de Belledonnepilotes passant par la région à essayer d’en savoir plus. Ils prouvent la complexité des phénomènes mais aussi que leur connaissance n’est pas inutile.

Citons enfin l’effet néfaste du vent du sud pour les vols en montagne en général, en particulier des venants de la plaine du Pô (Italie). On trouvera des rabattants mais aussi des « rouleaux » peu agréables et parfois assez loin du relief ! Se reporter aux cours théoriques sur la météorologie pour se rafraîchir la mémoire ne fait pas de mal, surtout quand le temps ne permet pas d’aller se dégourdir « les ailes » ou de faire chauffer le Rotax !

Ayez en tête les formules simples comme : « Si l’obstacle rencontré par le vent type Mont Blanc, Mont Ventoux…la zone de turbulence s’étendra à une hauteur sensiblement égale à celle de l’obstacle + 1/3 de cette hauteur ». En tenir compte pour le choix de l’altitude de vol !

Vent en montagneEn abordant une crête pour la franchir sous le vent : 2 fois méfiance ! Vous y trouverez rabattants mais aussi turbulences !

Avions et ULM sont très concernés par les effets de la météo qui se manifestent de façon différente en été ou en hiver : brises de pente, effet venturi, thermiques (pompes) ou encore rabattants… Il est difficile d’expliquer l’aérologie en montagne sans entrer dans des détails peu parlants à travers la lecture d’un simple article comme celui-ci. Il faut donc bien considérer que cela s’apprend sur le terrain, en volant…surtout pour ne plus en avoir peur mais également pour ne pas forcer la nature, vos compétences et les limites de votre ULM favori !

Comme le dit Jean Pierre EBRARD dans son manuel technique  « vol montagne » : « Un rabattant ne fait pas un trou dans GUIDE METEO FRANCE AVIATIONle sol, il y a toujours une bonne méthode pour s’en sortir ! »

Vient de paraître le nouveau Guide Pratique Aviation de Météo France édition 2013. Il est gratuit et vous pourrez y trouver tout ce que vous avez voulu savoir pour décoder les renseignements météorologiques, les phénomènes météo significatifs (turbulence, cisaillement, givrage etc..) et un max d’informations utiles. Certaines échoppes spécialisées comme la Boutique du Pilote le distribuent gratuitement.

Le 31 juillet 1921, le pilote DURAFOUR se posait avec un G-3 au col du Dôme à 4237 mètres d’altitude. Vous avez bien lu : en 1921 ! Cet atterrissage considéré à juste titre comme un exploit. Plus tard, en Suisse, le pilote Hermann GEIGER et Henri GIRAUD en France, furent les vrais défricheurs du vol en montagne, élaborant ainsi une vraie technique. Le vol en montagne est une activité à part entière et l’on y retrouve étroitement mêlées les joies de la montagne et le plaisir que procure le vol en avion ou en ULM. Mais s’il y a cumul pour les joies, il y a aussi cumul pour les difficultés. Cela impose au pilote une grande rigueur dans les méthodes et beaucoup de précision dans le pilotage de son appareil.

La lecture de cette nouvelle rubrique d’ULM Actualité, ne fera pas de vous un pilote de montagne mais j’espère qu’elle vous sensibilisera à vous préparer pour suivre une formation adaptée pour découvrir volez au dessus des chamois en toute sécurité !

 

Alain BLIEZ

François DURAFOUR et son G3Hermann GEIGER

 

 

 

 

 

 

Le pilote Suisse François DURAFOURLe pilote Français Henri GIRAUD

 

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